L’extincteur – Fanny Chiarello

Avec l’École des Loisirs, je suis souvent partie en classe verte. J’ai pris des trains pour aller parler de mes livres un peu partout en France – là où l’on m’invitait : je n’ai jamais, de ma robuste épaule, enfoncé les portes d’un collège pour imposer ma prose à des jeunes gens aux yeux révulsés. Souvent, l’on m’offrait du gâteau maison et des Chamallow à la fin de la rencontre, parfois des dessins, des poèmes, des collages inspirés de mes histoires. À des centaines de collégiens et de lycéens, pendant quatre ans, j’ai dit le bonheur de travailler avec Geneviève Brisac et Chloé Mary. Continuer à lire … « L’extincteur – Fanny Chiarello »

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Berk-sur-Ecole – Claire Castillon

Mes éditrices, avant, m’envoyaient de beaux mails. Je les ouvrais en me disant Tiens, voilà un poème. Elles ne me contraignaient pas. Il n’y avait dans notre lien ni rendez-vous forcé, ni blablas, ni requête. L’essentiel :  les livres; l’actuel et le prochain. Il y avait trois couleurs dans les textes que Geneviève et Choé me rendaient après les avoir lus en trois jours, quatre maxi. En bleu, les phrases à revoir, ordre au conditionnel, parce qu’elles proposaient, indiquaient, soufflaient sur mon épaule assez fort pour que je bouge mais toujours doucement pour ne pas que je m’effondre. En jaune, les suggestions. Violet-répétitions. Continuer à lire … « Berk-sur-Ecole – Claire Castillon »

La lettre ouverte d’Isabelle Rossignol

Ce n’est plus un secret : depuis décembre dernier, l’École des loisirs a opéré un virage éditorial en nommant Arthur Hubschmid à la tête de la collection que Geneviève Brisac dirigeait brillamment depuis 27 ans. Celui-ci fait aujourd’hui un vaste écrémage, non seulement dans les auteurs de la collection mais aussi dans les textes déjà retenus et programmés. Continuer à lire … « La lettre ouverte d’Isabelle Rossignol »

Douce ficelle – Nastasia Rugani

L’école des Loisirs fait partie de mon identité.

Petite, j’aimais surtout les tranches des romans qui me faisaient penser à des rangées d’allumettes, toutes prêtes à incendier la bibliothèque municipale. Puis j’ai appris à lire à l’aide de la collection Mouche. Je n’avais d’ailleurs pas compris Le hollandais sans peine de Marie-Aude Murail. Ma maman a pris le temps de m’expliquer, de rire de mes idées farfelues, et nous avons partagé plusieurs goûters chocolatés autour de ce roman. C’est un de mes souvenirs d’enfance les plus tendres. J’ai forgé mon caractère et mes goûts de lectrice grâce à la collection Neuf. J’y ai également pioché des idées de bêtises fantastiques qui m’ont values un nombre incalculable de punitions. Quand l’adolescence m’a frappée, je me suis refugiée au cœur des Médium afin de trouver le reflet mes propres noirceurs, de mes premières révoltes. Continuer à lire … « Douce ficelle – Nastasia Rugani »

Le mythe de la ligne éditoriale (Billet 1) – Alice de Poncheville

L’Ecole des loisirs change de « ligne éditoriale » en ce qui concerne les romans et les auteurs le découvrent, surpris.

Ils sont un peu idiots, ces auteurs. Ils sont isolés, souvent mal payés, ils vivent rarement de leur plume, ont du mal à faire valoir leurs droits, ne savent pas lire un contrat. Parfois, ils ont même peur. Il se doivent d’être créatifs, prolifiques et « successfull ». Ils sont l’éternelle variable d’ajustement. Un vrai modèle que tous les patrons du monde devraient imposer à leurs salariés. Car les auteurs payent eux-mêmes leur retraite, leur sécurité sociale, n’ont pas de contrat de travail mais un contrat d’auteur rarement négociable, pas de droit au chômage. Que se passe-t-il s’ils tombent malades ? Je préfère ne pas y penser. Continuer à lire … « Le mythe de la ligne éditoriale (Billet 1) – Alice de Poncheville »